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mardi 26 juin 2018

Le Retour à l'Eau et à la Base

Ce sont mes dernières semaines en Nouvelle-Zélande. Et en profiter, c'est évidemment tourner à l'eau sous toutes ces formes. On est en été, ici. En plein mois de Décembre et Janvier. Et comme, il me restait le Nord et la côte Ouest à visiter... bah j'y suis allée. Partant de Nelson, j'ai donc commencé par les Nelson Lake. C’était un bon choix pour le début : il y avait des canards (et des sandflies). C’était surtout l'occasion de re-profiter pleinement de mon appareil photo.











Puis je descend vers les montagnes avec un arrêt pour une jolie cascade. Avec du vert dans l'eau et des couleurs de roche que je qualifierais de "fort belle." Il s'agit des Maiura Falls. Le genre de petit stop pour se dégourdir les jambes sur 200 mètres et se tremper les pieds dans l'eau (glaciale) et de toute façon pas plus à cause des courants.


Puis, c'est la descente vers Arthur's Pass, un coin montagnard où il fait plutôt frais. Et le seul free camp où les toilettes étaient inutilisables. Cela dit, la chose est préciser sur CamperMate, il y a moyen de prendre ses dispositions. Pour le reste, c'est réveil très tôt (réflexe de Wineworks) mais c'est l'occasion de profiter de la fraicheur du matin et de la lumière pour aller se balader voir - devinez quoi - une cascade ! Qui l'eut cru ? De l'eau, toujours de l'eau. Et c'est encore très beau. Et le nom n'est pas moins classe : c'est la Devil's Punchbowl Waterfall. D'ailleurs, c'est surtout pour le nom que j'ai voulu y passer (#restedemetalleuse)




Mais ce n'est que le début. Changement de décor, on passe aux champs avec toujours un peu de montagnes mais plus de collines dont celles du Mount Sunday principalement connu pour être Edoras dans le Seigneur des Anneaux. Avec la musique adéquate, c'est parfait (The Golden Hall d'Howard Shore).
Ne dirait-on pas le Gouffre de Helm ? Eh bah, c'est vraiment tout près en fait !


Y a même une petite rivière !





Y encore des traces de fers à cheval sur le chemin




Un sentiment d'Eowyn

vendredi 22 juin 2018

Retour à Blenheim : Mission Remplissage


Retour à Blenheim (plus fructueux qu'à Te Puke d'ailleurs), retour à Wineworks mais dans les fill room.C'est aussi le come back du filet à cheveux qui ne m'avait pas manqué depuis McDo. Mais l'avantage, c'est que je peux caser mes piercings aux oreilles dedans donc j'ai moins de pansements (les règles de sécurité et d’hygiène toujours). 
Et, maintenant, mes horaires sont toujours de 7h à 17h le lundi et de 5h à 17h du mardi au vendredi. Oui, c'est bien 58h par semaine dans une salle qui sent le pinard (souvent) ou les produits chimiques (parfois quand on nettoie). Autant dire qu'on est loin du vin bio en petite exploitation (180 000 litres pour un des vins et refait plusieurs fois au cours de ces semaines).
Quand aux journées, c'est remplir de la paperasse de contrôle une fois par heure (taux de remplissage, d’oxygène et tout), remplir un bac de caps et discuter avec mes autres collègues (line 4 for ever). Oui, ici, la plupart des bouteilles se ferme avec un bouchon en aluminium que l'on ouvre comme une bouteille d'eau. Niveau pratique, on est mieux que ceux en liège.

Mais, en attendant, même avec mes week-ends de libre et un salaire fort sympathique pour une backpackeuse...  Justement, parlons-en. Passer des heures à regarder des bouteilles, ça encourage aussi la réflexion (quand la machine deox ne fait pas exploser de bouteilles) et donc, voilà. il se trouve que "boulot de backpackeuse" est en fait synonyme de boulot sous-payé ou tu es (quand même un peu) exploitée. Soyons clair, les intérimaires ne sont pas les seuls à dire "I'm not paid enough for what I'm doing." Et en même temps, c'est une bonne école pour développer son sens de la débrouille. Qualité pour le mois essentielle dans le monde du travail en Nouvelle-Zélande ou en France.
Cependant, l’honnêteté m'oblige à dire que c'est n'importe quoi. Oui, tu apprends des choses ; oui, tu développes des compétences bien utiles ; oui, c'est une chance d'avoir du boulot (qui te laisse tes week-ends de libre en plus, espèce de feignasse). Conclusion, oui c'est normal que devant tant de bonté, tu n'as pas à envisager un salaire plus important (moi, je dirais plutôt "décent"). Et bien, en fait, la vrai synthèse, c'est que ce discours est tout pourri.
On a tous en nous quelque chose de Bohort
J'ai aime bossé là-bas parce que mes collègues étaient super cools, parce que j'ai amélioré mon anglais comme jamais depuis le début de mon voyage mais surtout parce que j'ai enfin arrêté de me dire que c’était normal (de dire "merci" pour un sous-salaire). Notez quand même qu'il n'y pas nécessairement besoin d'aller à l'autre bout du monde pour comprendre ça. Par contre, pour voir certaines choses, oui !


jeudi 14 juin 2018

Deux semaines en accéléré

J'ai marché pendant quatre jours et après, j'ai fait la chose la plus écolo qui soit : j'ai loué une voiture. Pour moi toute seule. Et j'avoue que ça fait du bien de pouvoir bouger où tu veux et quand tu veux et n'avoir des comptes à rendre qu'à soi-même. Mais j'avoue, c’était bien cool. Sud-Ouest et Sud-Est en somme. 



Et pour commencer, la ville de Queenstown. C'est sympa comme ville, très animée par rapport au reste du pays. Très backpackerisée en réalité. Cela dit, ça reste une ville plutôt jolie et, petit luxe de backpackeuse, il y avait un sauna dans l'auberge. Et après quatre jours de marche, ça fait du bien. Ça détend les muscles, ça détend l'esprit (comme s'il en avait besoin après quatre jours en pleine nature) et ça démange, bordel ! Les sandflies, c'est quinze jours de démangeaison intense, ravivée par chaque vague de chaleur. Oui, c'est un monde où tu pèses le pour et le contre avant de prendre une douche. Ou alors, tu as oublié l'effet des piqures et celle de rappel est infecte.

Toujours est-il que, dès le lendemain, je visite la ville et les alentours. Une autre partie de la rivière Anduin tellement turquoise que ça en est improbable. Tout autant que la ballade qui m’amènes dans le coin (reconnaissable même après tant d’années) de cette fameuse scène. 
Je recroise aussi de la neige sur la route (sentez le coup de stress et de peur de l'Angevine de base qui n'a pas vu de neige qui tombe et qui tient depuis quinze ans) mais je finis par rejoindre les bords de mer. Après un tour dans une partie Sud des Fiordland. Un lac (parmi beaucoup d'autre) où je passe la nuit dans un free camp. On parle ici d'un petit terrain gratuit avec une cabine de toilette. Propre la cabine. Bienvenue en Nouvelle-Zélande : c'est propre et ça le reste parce que, ben... c'est normal en fait.

Suite à cela, j'arrive dans les Catlins. Pour donner une idée, les Catlins, ce sont des plages proches de forets et de collines particulièrement photogéniques. Surtout le camping en bord de falaises avec option animaux trop chou. Et donc la chose le plus mignonne qui soit : pleins d'animaux trop chou. Des lions de mer, des phoques, des dauphins Hector et des pingouins aux yeux jaunes. La vraie mission, c'est de deviner combien de fois j'ai pu dire ou penser "Oh mais comment c'est trop mignooooon" avec toutes les variantes possibles ("roooooh", "c'est trop chouuuu"...). La réponse, c'est beaucoup.
La même mais sur la plage
Après, ce sont aussi des moments où il faut préciser qu'on ne doit pas approcher des lions de mer à moins de 10 mètres et qu’éviter d'envoyer des flashs dans la tronche des pingouins (en voie de disparition), c'est pas terrible. Sans déconner. Traduction en claire et en directe : ce sont des êtres vivants, ils sont peut-être trop chou mais laissez les vivre leur vie tranquille. Et il faut le dire sur des panneaux. J'avoue, j'aimerais bien voir nos têtes si des lions de mer et autres pingouins venaient nous voir pour nous regarder. C'est le moment où il faut visualiser un pingouin entrant dans un McDo et dire à ses bébés pingouins : "oh regardes ! C'est des humains qui... bah... font des trucs comme leur vie. C'est dingue, isn't it ?" Bref, de loin pour les photos et juste les regarder tranquillement pour le reste.
Pour la suite, c'est un petit tour à Dunedin. Une très belle ville avec un musée assez générale dont une très belle expo sur la marine. Et surtout plein de street art et un immense jardin botanique (toujours une pensée pour le Miroir d'Ambre avec ce truc). Et changement de décor pour la suite : je passe la nuit à Alexandra, une ville du Central Otago tendance western et l'un des endroits les plus secs du pays. J'y serais bien restée un peu plus d'ailleurs. Mais mon but, c’était d'abord d'aller voir le Rohan. Le village brulé par les Hommes Sauvages (maintenant, c'est des huttes de pêche qui étaient habilement cachées), le lieu de rencontre entre Aragorn, Gimli, Legolas et Eomer avec ses Rohirrims (il y avait du vent et c’était une belle galère pour les tentes de maquillages installées plus loin. Et pour reconnaitre lieu, il faut voir le rabbit rock qui ressemble à un lapin que dans un sens), le rocher d'Aragorn (haut lieu de la photo de fan) et le passages des Huruk-Hai avec Merry et Pippin (pas prévu à cet endroit mais les retards de tournages et voilà). Et puis l'endroit en général en fait. C'est une ancienne mine d'or et d'immenses champs rocailleux. Qu'est ce que c'est beau étant la phrase la plus dite dans le pays je pense.
Et là, il ne me reste que quelques jours. Direction les lacs Tekapo et Pukaki puis Mount Cook et surtout retrouver Damien et Laura (de Te Puke). Et bah, ça fait bien plaisir d'autant qu'on croise par hasard, deux autres connaissances dans un cheap camp près de Tekapo : César et Elena. Nous voilà donc au col de Caradhras avec encore de la neige mais pas trop de froids. Qu'est ce que c'est beau encore plein de fois.
Mais il est temps de rentrer et de renflouer mon compte en banque. C'est donc très logiquement que j'appelle mon ex-boss de Wineworks le vendredi pour bosser lundi. Et bah, ça marche ! Et avec un nouveau poste en fill room. Du nouveau un peu quand même.

mardi 15 mai 2018

De bonnes chaussures de marches surtout (conseil de mon ostheo)

Direction le Sud de l'Ile du Sud dans les Fiordland. C'est beau, c'est vert, c'est magnifique et un sacré défi. Double vu que mon disque dur m'a lâchement abandonné (à mon retour) donc pas de photos (pour le moment en tout cas, croisons les doigts et gagnons de l'argent). Pour ma tranquillité d'esprit, on va dire que c'est l'univers qui me pousse à mieux comprendre Zola et Tolkien. Oui, c'est description au programme mais avec des anecdotes et le fruit de mes réflexions (quatre jours en solo avec mon sac... et Nolli, l'oreiller-papillon).

Au premier jour, tout commença tranquillement. Direction Te Anau Downs pour prendre un bateau nous amenant (quarante personnes, pas une de plus) à l’entrée du sentier. Au passage, sur l'eau foncée et pas translucide mais magnifique, c'est des montagnes enneigées (on est que fin octobre, hein) et des forêts qui semblent inexplorées. On passe tout près d'ilots qui, il y a bien longtemps, étaient de vrais réserves de greenstones (une sorte de jade kiwi). Aujourd'hui, c'est une vrai galère : on ne peut plus s'en approcher parce qu'elles disparaissent à cause des humains. Surexploiter, cette (fausse) bonne idée. C'est fou, hein, on revient toujours à cette conclusion.
Mais on avance, on nous raconte et on arrive. La forêt n'a plus l'air si vierge et les arbres ressemblent plus à des arbustes encadrant un sentier bien tracé. Après une bonne demi-heure sur l'eau, il s'agit de marcher une heure et demi sur terre. C'est plat et on ne peut pas dire que ça envoie tant de paillettes que ça. Par contre, niveau sandflies, il y a ce qu'il faut.
Petit point sandflies : littéralement, c'est "mouches des sables"... vraiment, c'est moustique sur-puissant qui répond toujours présent près des points d'eau mais il ne faut pas qu'elle soit trop froide. Comment le sait-on ? Eh bien, à chaque hutte (un bâtiment avec des lits superposés, une cuisine et des toilettes), il y a un accès à l'eau. Mais on est en Octobre (à la fin du printemps pour ceux qui vivent dans l’hémisphère Sud et à une distance peut-être pas si raisonnable que ça du Pole Sud) et autant dire qu'aller piquer une tête, c'est trop bon mais c'est aussi se sentir en mesure de dire "I'm a Viking, bordel !" Et les sandflies te laissent tranquille jusqu'à ce que tu retrouves une température corporelle décente.
J’exagère à peine
 Sur ce, première nuit dans les Fiordland. Le Ranger de la hutte nous explique quand même quelques trucs autour des plantes surtout. Ils ont des feuilles qui font office de poivre, d'autres très efficaces contre nos ennemies les sandflies et d'autres qui sont des super poison donc faites pas les cons. Merci, bonne nuit, merci... après un saut pour voir quelques gloworms et admirer le ciel. 

[L'anecdote du jour]
Les Fiordland font partie de réserves naturelle assez tardives vu que certaines espèces n'y sont plus présentes depuis le début du XXe siècle. Depuis, ils font des efforts et on peut y voir des kiwis-oiseaux. Et aussi des Kae. Une autre espèce d'oiseau connu pour ses compétences en chapardage de chaussures. Mais que quand elles sont au sol (donc il faut les laissez sur des porte-manteaux devenus portes-chaussures). C'est so disruptive comme oiseau...
[C’était l'anecdote du jour]

Le lendemain, c'est réveil très tôt et départ aussi. Environ six heures de marche, toujours sur du plutôt plat et le long de la rivière au rythme des bzz de sandflies. Mais on entre dans le vif du sujet. Être dans cette partie des Fiordland, c'est être au milieu de montagnes très boisées et enneigées. C'est un millions de nuances de vert. C'est descriptible comme "Oh mais Alicia, elle va trop adorer ça." Et ça aiderait si tous les gens qui liront cet article connaissait sa passion pour les nuances de verts. J'avoue, c'est pas la seule et la Nouvelle-Zélande donne de quoi admirer dans ce domaine. C'est donc six heures à se dire que tout le pays devait se rapprocher de ça quelques siècles plus tôt et qu'on en est rendus à se plier en quatre pour préserver ce qu'on en a laissé. On en est à admirer un truc normal et même vital. Et oui, j'inclus les sandflies dans le lot. Car si je dis "putain de sandflies", nul doute qu'elles répondront gaiement "d'une, il n'a jamais été question d'argent entre nous (les sandflies sont des Gaël) et de deux, on a le droit de bouffer à notre faim. Les céréales de ta barre ont aussi été extraites de sous une peau." Noter ainsi l'argumentaire de poids des-dites bestioles.
C'est à peu près l'effet que ça fait
 Au final, j'ignore qui de nous étaient prêtes à fredonner Ne Me Quitte Pas parce qu'on finit toujours par se retrouver. Nouveau lac, nouvelle hutte, nouveau point "I'm a Viking, bordel" mais là, beaucoup plus du à la transpiration de la journée. Repas, dodo et augmentation de la compétence plier un duvet.

[L'anecdote du jour]
Forcement à penser à Alicia, c'est aussi la période où j'ai trouvée à qui je l'associais. Alicia, c'est la version in real life de Malken, l’héroïne de Balafrée de Michel Robert. Et c'est à la fois hyper cool et hyper chelou. Parce que imaginer ta pote défoncer des Sargoths ou des Trolkhs, ça va. Imaginer ta pote découvrir la bière et le vin, ça va. Mais il y a des parties du bouquin où ça le fait pas du tout.
[C’était l'anecdote du jour] 

Et jour trois. Ce sont les choses sérieuses. La version Une journée en Enfer mais en fait ça va. C'est juste que ça monte et que ça descend. Pour des montagnes, c'est étonnant quand même. Mais donc on monte, on monte vers McKinnon Pass. Un sommet qui offre une vue imprenable sur les montagnes environnantes. Neiges et arbres par milliers. Quelques bébés lacs et des plaines à couper le souffle. J'en viens à me dire que l'origine de cette expression, ça vient de la montée qui précède la beauté. Bienvenue dans le Rohan quelque part. Ça n'a pas été tourné là mais ça y ressemble.

Toujours est-il qu'il s'agit du troisième jour et qu'on a eu droit à un Soleil éclatant. C'est plutôt rare (c'est même précisé dans la troisième hutte) d'ailleurs. Mais autant dire que ça facilite la descente qu'on a à faire par une emergency track pour cause de risque d'avalanche sur la main track. Les rochers, ça glisse alors j'imagine même pas la galère que ça doit être quand il pleut. Il n’empêche que Karadok avait raison : "le gras, c'est la vie" et ça amortit ! Un peu mais c'est toujours ça. Et donc arrivée à la hutte avec mes deux jambes en parfait état de marche (ma cheville gauche désapprouve ce message et évoque un machiavélique "la vengeance est un plat qui se cuisine à Kuala Lumpur" #spoileralert).  
En attendant, après avoir largué mon sac comme les treize kilos qui me pèsent sur le dos qu'il est, je fonce au point d'eau. "I'm a Viking, bordel mais que jusqu'aux hanches parce que là, ça caille vraiment." En tout cas, l'endroit est splendide. Encore un lac mais avec des arbres type saule pleureur et toujours une ouverture sur les montagnes. C'est surement l'endroit le plus apaisant que je connaisse.
[L'anecdote du jour]
A la question peut-on se passer de douche pendant quatre jours ? je tiens à rappeler que bah oui. Dans ce cas, ça s'y prête parce que marcher dans la nature n'inclut pas que tu sentes des parfums chimiques. Et aussi que la cohabitation entre tes produits cosmétiques (aussi naturels et biologiques soit-ils) et les organismes qui vivent dans le coin risquent de très mal finir. C'est souvent ceux qui vivent leur vie peinard qui disparaissent quand d'autres arrivent à grands renforts de produits divers et variés.
Dans tout les cas, il est formellement interdit d'utiliser des produits cosmétiques à moins de 50 mètres d'un point d'eau naturel.      
[C’était l'anecdote du jour]

Et le jour 4 arriva. C'est l’étape finale sous une pluie battante. Dans les films, c'est le moment romantique où les héros s'embrassent langoureusement et c'est super sensuel et tout. En vrai, ça dégouline de partout et ça détrempe tout assez vite. Autant dire que l'investissement dans les poches étanches devient le meilleur achat de ta vie. On marche, on marche sous la pluie pour admirer les lacs et les cascades qui se forment le long des montagnes. Aurais-je déjà utilisé le mot splendide ? Il y a de quoi en fait. Le Soleil, c'est bien mais la pluie, c'est des dizaines de cascades en plus, tout autour de soi. Mais c'est déjà sandfly point, l'endroit d’où le bateau nous ramènent sur un autre bout de terre ferme : les Milford Sound. Des montagnes à bout arrondis autour des lacs en fait. Même la fatigue ne gâchent rien. L'autre bonne nouvelle, c'est apprendre que le backpack réservé vient te chercher by curtesy. En traduction, c'est trop bien et c'est gratuit. Et j'avoue que la douche chaude fait un bien fou !
Effet après quatre jours dans les Fiordland

jeudi 10 mai 2018

Le plus important, c'est d'assurer ses clichés


Ça y est : changement d'ile, changement de monde limite. En toute exagération. Bon, il y a quand même des différences. Quand tu roules, il y a toujours quelque chose à regarder mais ce n'est pas la route... C'en est presque frustrant en voiture mais très appréciable en bus.
Mais je suis pas là pour les vacances. Enfin pas tout de suite. Ma première mission, c'est de renflouer mon compte en banque avec toutes les dépenses qui s'annoncent.
Je pose donc mon sac à Leeway's, l'une des nombreuses auberges de Blenheim,
Et Blenheim donc est un peu comme Te Puke : une ville de backpackers mais entouré de vignes cette fois. Le pinard est le centre des choses. Ici 45 hectares de vignes, c'est petit comme exploitation. Mais finis les champs en ce qui me concerne. En tout cas sur le long terme.
Sur le court terme, le manager de l'auberge me trouvent deux journées de boulot (arrivée dimanche et début le mardi : efficacité toujours) : la première dans les oignons et la seconde dans les fraises. Plantage (d'oignons) et découpage (de feuilles de fraisiers) dans les faits. C'est sympa, les patrons sont cools mais c'est ponctuel.
Et le jeudi, jour de repos. Je croyais. En fait, l'une des usines de Blenheim a besoin d'aide. Pour deux jours, il parait. On en reparlera après trois mois, une semaine et deux jours.
Et là, c'est le moment où j'ai accompli ma vie, mon cliché, mon œuvre de backpackeuse. 
Le boulot de serveuse, c'est fait. 
Le boulot en cuisine-plonge, c'est fait.
Le boulot en fruit picking, c'est fait. Dans les kiwis pour assurer le coté Nouvelle-Zélande. 
Le boulot en usine, c'est donc fait.
Dans le pinard qui plus est. C'est fait, je peux repartir tranquille.

Parce que oui, je me retrouve intérimaire à Wineworks qui embouteille du vin. Autant dire que j'en voit passer du vin local. Beaucoup de Sauvignon Blanc en ce qui nous concerne. Et des missions variées.
La première, c'est avec Emma au quality check. La mission la plus sympathique à décrire : j'ai vidé des bouteilles de vins toute la journée. De 9 heures à 17 heures puis à partir de 7 heures. Dans une citerne et pas dans mon gosier, je précise. Et puis, il y a deux trois autres choses à faire : coller et décoller des étiquettes, vérifier des caisses et ainsi de suite. Du boulot d'usine en somme. Avec Emma donc, une chouette Anglaise super gentille, et deux Français... du Maine-et-Loire. Le monde est petit mais sympa. Surtout quand il y en a pour partager des références Kaamelott et Naheulbeuk, ça fait bien passer le temps.
Et pour la suite ? Direction, les production lines. Ça envoie moins de paillettes (de colle). Deux semaines en ligne 1 avec le même produit. Ce qui veut dire pas de pauses pour un changement plus ou moins long. Et là, on passe aux choses sérieuses niveau horaires : c'est du five to five. De cinq heures du matin à cinq heures du soir, sauf le lundi. Et j'ai mes week-ends. Quand à la mission : plier des cartons, mettre des séparateurs puis des bouteilles. Une question de rythme en somme.

Et après ces deux semaines, il est temps de rejoindre ma ligne chérie (pas encore à ce moment là) : la ligne 4. Toujours des dividers mais plus de bouteilles ou de cartons. C'est fait par des machines. De fait, on est plus que deux. Geanina (super-collègue), je la remercierais jamais assez. La ligne 4, ça va très vite donc elle a supporté mes pics de stress et a joyeusement rigole en me voyant balancer mes dividers (il y en a des pas bons). Et puis, c'est aussi rencontre les permanents qui bossent dessus : Nadine, Ramon, Kadin et Shanon. On peut rire et ça vaut mieux vu le boulot.
Parce que c'est 10 à 12 heures par jours d'un truc qu'on pourrait qualifier de "répétitif" sans trop exagérer. Bienvenue dans mon monde : celui où tu te répètes "c'est pour rembourser Alicia, payer mon nouvelle appareil photo, mes vacances en Nouvelle-Zélande et en Asie" et manger, c'est sympa aussi, cela dit.
 Et c'est un monde avec des ear plugs (bouchons d’oreilles), ce qui veut dire que les casseroles faiseuses de pluie dans mon genre peuvent assurer leur performance. Et donc, voici ma playlist de boulot :
Des que le vent soufflera, Hexagone, La Ballade Nord-Irlandaise (Renaud), Là Haut sur la colline, Où je vais, Tu parles trop (La Rue Ketanou), L'air du vent, Ce Rêve Bleu, Comme un homme (Disney)... Passage en boucle et travail de mémoire. Et puis, c'est aussi des moments à se dire "dans deux heures, c'est Guillaume Meurice, le Journal de Presque 17h17..."
Bon, après, c'est aussi expliqué pourquoi tu pouffes de rire comme une dinde et devoir affirmer que, oui, il y a encore des royalistes en France. Les deux Allemandes qui partageaient ma chambre en étaient très surprises.
J'avoue que, dans les explications à donner, mon cœur balance entre Fillon qui a voté contre Being Gay is Okay (et je ne sais toujours pas dire dépénalisation de l’homosexualité en Anglais) ou il y a des Royalistes entre France (et des gens qui ont voté Marine Le Pen... et Macron aussi d'ailleurs... des le premier tour). Bref.
Oui, quand tu bosses mécaniquement entre 10 et 12 heures par jour, il y a aussi du temps pour cogiter. Et, à la fin, il est temps de partir en vacances. Parce que bosser comme ça, c'est toujours plus supportable quand tu sais que c'est pour un temps limite... et que tes factures à payer sont assez basses. En fait, quand tu ne subis pas ton boulot plus qu'autre chose.
Et donc, comme backpackeuse qui peut se barrer et se faire virer à tout moment (ça marche dans les deux sens) : direction le Sud de l'Ile du Sud !