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jeudi 5 avril 2018

Gisborne, Retour à Te Puke, prunning et copains



Plus de kiwis, les arbres sont tout vides. Mais Jackona ont entendu parler d'un plan mandarine/orange à Gisborne. Un peu plus au Sud. Pourquoi pas ? Un coup de fil a un contractor qui confirme qu'ils recherchent et qu’il y a du boulot, il est donc temps de fuir Te Puke (plus vite qu'une close à McDo) pour une nouvelle ville.
Pourtant ça partait bien, il y avait des canards


Mais évidemment, il aurait fallu se méfier. Arrivée là-bas, il se trouve qu'une trentaine de personnes sont arrivées il y a quelques jours et donc plus de boulot. Le retour au boulot se transforme donc en lucky break. Et autant dire que, même si c'est dommage, c’était bien essentiel pour moi. Je profite donc de cette charmante ville côtière avant de revenir à Te Puke. Pour l'art très vénérable du prunning.



Comme lucky break, c'est aussi un rainy break ou je me pose a renfort de séries et de livres (merci Bastien). Mais j'ai hâte de revoir des rayons de Soleil. Ils finissent enfin par arriver donc je profite de la plage et surtout de Kaiti Hill.


Une colline qui offre de beaux look out sur la ville et sur la Poverty Bay. On y trouve aussi un monument aux morts des guerres mondiales (oui c'est aussi arrivé ici).

Mais la vrai surprise, c'est la quantité d'hommage au Capitaine Cook.

[L'instant What's the Fuck New-Zealand?!]
Et aussi pour Lady Di... Commonwaelth et tout quoi

 
L'homme de la Royal Navy qui a découvert la Nouvelle-Zélande (après Abel Tasman mais c'est Cook qui a commencé à coloniser). Jusque là, tout va bien (bien sur) mais en fait non. Parce que ce cher capitaine Cook tant vénéré est très symptomatique de la colonisation. On lui élève des statues et on raconte son arrivée. C'est là que les choses se gâtent. Visiter le monde, je vais pas faire comme si c’était tout pourri et inutile. Mais il y a plusieurs façons de faire (le backpaking, c’était pas trop le truc en vogue à ce moment il parait mais quand même). Donc le monsieur débarque dans la baie de la future Gisborne et rencontre des Maoris. Et il ordonne leur massacre... qu'il regrettera par la suite ! Pauvre petit bouchon, on tue d'abord et on réfléchit ensuite ? Mais bon, il a dit qu'il regrettait... Bref, toujours est-il qu'il renommera cet endroit la Poverty Bay parce qu'il n'y voyait pas grand chose a y faire, en termes de ressources. LOL. De Kaiti Hill, on voit des tonnes et des tonnes de bois... Ressources il y a mais maintien de la nature, beaucoup moins. Un genre de Pocahontas avant/après l’arrivée des colons.

[C’était l'instant What's the Fuck New-Zealand?!]
En ce qui me concerne, je repars pour pouvoir compléter mes trois mois de travaux agricoles spécial demande d'extension de visa. Je serais bien reste la mais j'aurais du savoir qu'il fallait se méfier d'une ville qui porte le nom d'un méchant de Robin des Bois.

Looking Glass Gardens de Te Puke



De fait, c'est donc retour à Te Puke pour genre 3 semaines... Enfin c’était le plan. La réalité : un peu plus d'un mois. Ça aurait pu être vraiment tout pourri mais en fait non. Déjà, je reviens à temps pour dire au revoir à Matthieu (t'as vu je parle de toi ! Mais j'ai pas de photos) qui s'envole remplir ses poches aux USA. C'est un peu triste mais on trouvera bien un moyen de se revoir. En tout cas, je pense à toi des que j’entends  Sur la Route d'Amsterdam d'Oxmo Puccino et Olivia Ruiz. Ça me fera toujours penser à Te Puke, aux picking et aux copains de là.

Canard !



Donc, Matthieu, c'est la bonne raison de revenir numéro 1. La numéro 2, c'est Alicia, fraichement débarqué en Juillet. Un jour, je trouverais un moyen de les remercier tous les deux (Bastien et Alicia) pour tout. Alors pour la voiture (et l'interdiction de payer un plein), pour l'avance de sous (presque 800 dollars quand même) mais surtout pour être là (pour le billard, le blabla, les indécisions, la musique et les rires). Et bah c’était trop bien.
Notons qu'Alicia arrive à me faire faire des selfies

Parce que post-prunning, c'est un petit voyage sous 4 jours avec des Picards. Direction les Coromandels de jour, des lacs à Rotorua (et un détour par le Great Spice), un saut dans le Mordor (avec de la neige) et un peu la côte Est.


Celle-ci, c'est de Loïc 

Celle-ci, c'est de Loïc

Celle-ci, c'est de Loïc

Celle-ci, c'est d'Alicia
Et entre deux : "c'est beaaaaau" et tout, il y a eu le "Oops, I dit it again". Du vol encore. Ma carte bancaire. Donc le premier soir, je la trouve pas et un appel de la banque plus tard : effectivement, c'est pas moi qui ait fait ces dépenses. Au passage, j'ai appris que j'avais une autorisation de découvert. Et aussi que je connais des gens gentils pour de vrai. Parce que, ben, c'est peut-être normal de pas laisser quelqu'un dans la merde ? En tout cas, ça facilite et embellit les choses.


Avec le recul, le A et le G peuvent se confondre...
Mais bref, un peu plus de Coromandel et un premier soir ou l'on rencontre un autre français. Tout ça à cause d'une prise de frigo. Et puis une randonnée sympa après une visite chez les flics (qui disent sorry plus souvent que je ne dis merciiii). Et puis Cathedrale Cove et Waihi Beach qui restera pour le Perge&Love (mais ça veut dire quoi perge ?), le Four Square (façon ultra-française) et les mouettes qui ont un regard qui tue (en vrai, j'ai déjà vu des méchants de James Bond qui avaient l'air sympathique à côté... mais on déconne pas avec la bouffe cela dit). Quand au deuxième soir, il faisait moins chaud que d'habitude. Révélation du lendemain : en fermant la fenêtre, ça aurait surement arranger les choses.






 Mais bon, direction Rotorua, un saut aux lacs du coin : un vert et un bleu, il parait. Mais surtout, direction le Mordor et la Gollum's Pool (c'est le nom sur CamperMate). C'est l'instant "ce que nous voulons, c'est du poisson fort bien gouteux" aussi appelé "ah ouais quand même, les fans, c'est quelque chose." Et puis après, un peu de neige mais trop froid, trop pluvieux, trop venteux donc demi-tour. Mais le Mordor tout blanc, ça envoie toujours du lourd (soit la raison 38465 d'y revenir).
Et pour finir après ça, avoir un membre du Top 10 (une franchise de camping un peu classe de Nouvelle-Zélande) permet le grand luxe au prix du moyen luxe. Et pour le lendemain, une ballade conseille au camping qui est absolutly beautiful (c'est pas faux mais j'ai vu mieux) et une très belle cascade avant le retour à Auckland. 

Et le départ direction l'ile du Sud : Bonjour Blenheim !

jeudi 18 janvier 2018

Cher Journal... Les Kiwis Fruits sont tout à fait fascinants

Point culturel : en Nouvelle-Zélande, on parle de Kiwi pour les habitants, de Kiwi Bird pour l'oiseau typique en voie de disparition et de Kiwi Fruits pour les fruits. En l’occurrence, il s'agit ici du dernier.

Avant

Après

Plantons le décor : Te Puke, « capitale auto-proclamée du Kiwi dans le monde » ne vit effectivement que sur ça. Te Puke, c'est une rue commerçante composée essentiellement de restaurants Indiens (trois), de liquor shop (cinq) et de boutiques save coins. Et partout autour et dedans, des champs de kiwis. Pleins de champs de kiwis. Partout. Et des cascades mais ça viendra plus tard.

Première escale : les McGregor Falls

Danke Lasse pour avoir conduit

Et le soir : c’était La Belle et la Bête au cinéma :)


Mais je suis là pour une raison précise. De toute façon, on ne va pas à Te Puke pour le tourisme quoiqu'en dise le Lonely Planet (oui sérieusement, Te Puke est dedans. Aucun backpacker n'approuve). On va à Te Puke pour travailler dans le kiwi. Un sujet hyper sérieux là-bas (tu m’étonnes avec l'argent que ça génère). Et pour picker, le passage se fait par les contractors.

L'essentiel : la bouffe - et ici les Tamarillos (un mix entre la tomate et le fruit de la passion)

Et la, ce sont des Feijoas, un genre de mini-ananas hyper sucrée et délicieux


Et on commence avec la première contractor : Raj. Pour picker du gold. Après une longue attente faite de remplissage de papier, le supervisor nous fait un topo. C'est du gold for God sake! Donc il faut faire hyper attention. Comme si on cueillait des œufs. On pick les fruits et on les pose délicatement les uns au-dessus des autres. Après cette première après-midi, on attend de nouveau. Parce que le boulot est suspendu au test. Le fameux test qui provoque une liste assez impressionnante de texto : Fruits didn't pass the test. Donc pas de boulot. On est aussi dépendant du temps parce qu'on ne peut pas picker un orchard détrempé. Donc on a aussi beaucoup de "orchard is still wet. Please wait. I will send start time soon" qui te font donc attendre jusqu'à une heure précise ou alors un "no work sorry"
Mais ce qui ne passe pas pour un contractor peut passer pour un autre. C'est comme ça que l'on finit par bosser pour trois autres contractor. Pour commencer John qui, avec la team Maori nous fait découvrir l'art du rain picking. C'est-a-dire, faire tomber les kiwis comme la pluie. C'est assez simple en fait : il suffit de garder les bras en l'air et de faire tomber les kiwis dans son sac. Autant dire que ce n'est possible qu'avec les kiwis green mais, malheureusement, la méthode est loin d’être homologué par tous. Par contre, en terme d’efficacité monétaire, c'est puissant.

On va parler d'argent alors on va apaiser tout ça avec le Mount Maunganui (plage et arbres)


Et un papillon parce que c'est trop chou



Depuis le mont

Le mont de loin
 Parce que oui, faisant une parenthèse de paiement. La plupart du temps, on est payes à la bin. Des caisses plus ou moins grandes qu'il faut remplir. Plus on en fait, plus on a de sous. Sinon, c'est hourly donc à l'heure peu importe la vitesse. Parfois, c'est cool, ça repose. Mais ça peut être un peu frustrant.

Nous sommes au Te Puna Quarry Park

Une brillante idée de Laura


Mais revenons-en à nos contractor. Entre deux jours (après-midi vu l'attente avec Raj), c'est Sohrab qui nous embauche pour un jour. 14 équipes d'une dizaine de personnes. C'est la galère, tout le monde est à la bourre ! (Les contractors pas les équipes). Trop de pluie, de tests négatifs... Ce qui reste de cette journée, c'est au moins un peu d'argent mais surtout un groupe de Sud-américains exceptionnellement lents. Ce qui, quand on travaille en équipe, est un handicap de taille. Mais bref.

Toujours Te Puna Quarry Park





Nouveau jour, nouveau contractor. Bob qui a besoin de renfort pour boucler un orchard commencé hier. Une raw au final que l'on boucle en une heure et quelques. Ce qui nous donne un Bob très satisfait qui nous propose de rejoindre son équipe pour de bon. Après cet orchard très facile (kiwis pas trop haut ni trop bas et qui ne jouent pas a cache-cache kiwi) et une équipe qui fonctionne bien, on accepte. Et on finira la saison avec lui.





En trois mois de kiwi picking, il y en a eu des belles quand même. Quelques moments what's fuck ?!
Le select picking. Il s'agit donc de prendre des fruits supérieurs à un certain poids. A 128 grammes dans ce cas. Et s'ils en font 126 ou 127, c'est mort ! D'abord payés hourly, c'est chiant mais on s'en fout. Mais on est trop lents (tu m’étonnes) donc on nous fait passer on contract. Donc on s'en bat les couilles ou les ovaires. Et on en a suffisamment ras-le-bol pour vouloir partir. Ce qui nous vaut une « légère » augmentation du prix de la bin. Bah oui, si on part, on ne peut plus revenir pour les deux semaines de travail qu'il reste dans cet orchard de l'enfer. En fin de compte, on y gagne des bins à 29 dollars au lieu de 21. Oui, tout est bien qui finit bien.
L'orchard de l'enfer - épisode 2. J'ai voulu tenter un truc de ouf : marcher. Mais il y avait un kiwi. Devinez qui a gagne. La réponse n'est pas ma fierté donc voila.
L'orchard de l'enfer - épisode 3. Comment j'ai rempli mon sac super vite parce que j’étais super-furieuse. Un gros problème qui provoque chez moi le besoin de me passer les nerfs sur mon picking. Quelques jours plus tard, j'apprends que je remplissais mon sac en 25 secondes soit cinq de moins que Bob. De quoi faire la danse de la victoire. Enfin presque.
Le dernier jour de picking. Ou comment les Indiens m'ont fait sourire. Innocemment dans ma raw entrain de picker avec des Indiens, ils m’arrêtent pour me demander un truc : un concours de vitesse de picking. Je pensais perdre (les Indiens sont hyper rapides) mais je gagne ! Devant une partie de l’équipe qui s'est arrêté pour nous regarder. C'est normal en Nouvelle-Zélande. Mais bref, ils sont cools ces Indiens.

Résidence avec poulet


Tauranga




Le reste du temps, on vit tranquillement. On passe un peu de temps dans le coin. Cascade, Mount Mangahnui, Tauranga, Pukehina et Papamoa Beach. Billard, foot et basket. Et bouffe indienne. Oui, Bob nous paye un excellent restaurant indien (Great Spice) à Tauranga (ou on peut amener son propre alcool) et il nous invitera aussi à dîner (on ne remerciera jamais assez sa femme et sa mère pour la nourriture) et a un barbecue pour fêter la fin du picking ! On traîne et ça passe mais la, il me faut un lucky break.





Pick : cueillir
Contractor : celui ou celle qui embauche les équipes et, dans le cas de Bob, nous assure le transport
Orchard : verger soit nos lieux de travail
Raw : rangée de kiwis
Bin : les caisses qu'il faut remplir et dont la valeur est de 12, 14, 16 ou 18 dollars hors taxes
Hourly : être paye a l'heure
On conract : être paye a la bin
Gold (for God sake) : les kiwis jaunes (pour l'amour de Dieu!)
Green : les kiwis verts
Liquor shop : boutique d'alcool
Save coins : boutique genre tout à 1 dollar

Mais surtout le plus important
Papamoa Beach